On l'appelle Mademoiselle de Paris Et sa vie c'est un petit peu la nôtre Son royaume c'est la rue d'Rivoli Son destin, c'est d'habiller les autres On dit qu'elle est petite main Et s'il est vrai qu'elle n'est pas grande Que de bouquets et de guirlandes A-t-elle semés sur nos chemins.
Elle chante un air de son faubourg Elle rêve à des serments d'amour Elle pleure et plus souvent qu'à son tour Mademoiselle de Paris
Elle donne tout le talent qu'elle a Pour faire un bal à l'Opéra Et file, à la porte des Lilas Mademoiselle de Paris Il fait beau Et là-haut Elle va coudre un cœur à son manteau
Mais le cœur d'une enfant de Paris C'est pareil aux bouquets de violettes On l'attache au corsage un samedi Le dimanche on le perd à la fête Adieu guinguette, adieu garçon La voilà seule avec sa peine Et recommence la semaine, Et recommence la chanson
Elle donne un peu de ses vingt ans Pour faire une collection d'printemps Et seule s'en va rêver sur un banc Mademoiselle de Paris Trois petits tours Un bonjour Elle oublie qu'elle a pleuré d'amour Elle chante et son cœur est heureux Elle rêve et son rêve est tout bleu Elle pleure mais ça n'est pas bien sérieux Mademoiselle de Paris Elle vole à petits pas pressés Elle court vers les Champs Elysées Et donne un peu de son déjeuner Aux moineaux des Tuileries Elle fredonne Elle sourit... Et voilà Mademoiselle de Paris.
On est bien peu de choses. Et mon amie la rose me l'a dit ce matin. A l'aurore je suis née, baptisée de rosée. Je me suis épanouie. Heureuse et amoureuse. Au rayon du soleil.
Me suis fermée la nuit. Me suis reveillée vieillie. Pourtant j'etais trés belle. Oui j'etais la plus belle. Des fleurs de ton jardin.
On est bien peu de choses. Et mon amie la rose me l'a dit ce matin. Vois le dieu qui m'a faite. Me fait courber la tete.
Et je sens que je tombe. Et je sens que je tombe. Mon coeur est presque nu J'ai le pied dans la tombe. Déjà je ne suis plus. Tu m'admirais hier et je serais poussière. Pour toujours demain.
On est bien peu de choses. Et mon amie la rose est morte ce matin. La lune cette nuit, a veillé mon amie. Moi en reve j'ai vu. Eblouissante et nue.
Son âme qui dansait. Bien-au déjà du vu. Et qui me sourait. Croit celui qui peut croire. Moi j'ai besoin d'espoir. Sinon je ne suis rien.
Ou bien si peu de choses C'est mon amie la rose qui l'a dit hier matin
Diseuse née à Paris en 1917, décédé à Monte Carlo (leucémie) en 1962.
C'est pas le biais d'un concours radiophonique qu'elle se fait entendre pour la première fois sur les ondes de Radio-Cité en 1939. On la dit jolie mais les photos de l'époque nous renvoient plutôt l'image d'un visage plutôt quelconque, même fade.
Jacques Canetti s'intéresse à elle puis Aimé Barelli qui deviendra son mari.
Ses premiers enregistrements, elle les fait avec les orchestres de Marcel Cariven, de Raymond Legrand et de Jacques Météhen. - Cela donne Sur les quais du vieux Paris, en 1939 ; Le paradis perdu (du film - voir ci-dessous), en 1941 ; Mon amant de Saint-Jean, en 1942 ; une chanson de Django Reinhardt, Nuages, en 1943. - Le succès sera au rendez-vous jusqu'a la toute fin des années cinquante (elle passera en vedette à Bobino en 1961) : Malgré tes serments, en 1944 ; Boléro, en 1948 ; J'ai rêvé de vous, en 1950 ; Domino, en 1953 : Java en 1956...
La voix fait quelque peu penser à Lucienne Boyer, à ses tous débuts, puis elle devient langoureuse, éthérée. Ce n'est pas une chanteuse à voix : elle est intimiste mais de cet intimisme de cabaret où, devant un orchestre ou tout simplement un piano, la vedette du spectacle fait son tour de chant, en robe de soirée, sous le feu d'un seul projecteur. - Le style est connu. - On l'a vu et on peut le revoir voit à cent exemplaires dans les films de l'époque. - Sauf qu'avec Lucienne Delyle, il a atteint son apogée pour ne pas dire sa perfection.
Mientras la luna serena baña con su luz de plata como un sollozo de pena se oye cantar su canción; la canción dulce y sentida que todo el barrio escuchaba cuando el silencio reinaba en el viejo caserón.
Cuentan que fue la piba de arrabal, la flor del barrio aquel que amaba un payador. Sólo para ella cantó el amor al pie de su ventanal; pero otro amor por aquella mujer, nació en el corazón del taura más mentao que un farol, en duelo criollo vio, bajo su débil luz, morir los dos.
Por eso gime en las noches de tan silenciosa calma esa canción que es el broche de aquel amor que pasó... De pena la linda piba abrió bien anchas sus alas y con su virtud y sus galas hasta el cielo se voló.
Au fond des poches de mon amour y a pas grand chose Le portefeuille de mon amour n'est pas très lourd Lui ça l'ennuie, ça le poursuit Il n'en dort plus, il n'en mange pas Il ne pense qu'à ça
Moi sincèrement ça m'est égal et je suppose S'il était riche je n'pourrais pas l'aimer tant qu'ça Tandis que là c'est idéal, c'est merveilleux d'être amoureux Et de se dire à deux
Un p'tit peu d'argent ou bien pas du tout Quand on a 20 ans on est amoureux, le reste on s'en fout Un p'tit peu d'argent ou bien sans un sou On est si contents d'être tous les deux Qu'on se moque de tout Et puis y a l'printemps qui s'offre aux amours Là-bas dans les champs, des milliers de baisers se donnent chaque jour Pas besoin d'argent ou alors si peu Ça suffit pour nous rendre heureux
Oui mais voilà dans tout cela il y a mon père Qui ne paraît pas tout à fait d'cet avis-là Car il voudrait pour son enfant Un peu d'amour, beaucoup d'argent Il ne pense qu'à ça Pour mon bonheur, il y a maman pour nos affaires Qui m'a conté qu'avec papa à leurs débuts Ils n'avaient pas un sou vaillant Juste un buffet, un vieux divan Faisons comme eux, veux-tu ?
Un p'tit peu d'argent ou bien pas du tout Quand on a 20 ans on est amoureux, le reste on s'en fout Un p'tit peu d'argent ou bien sans un sou On est si contents d'être tous les deux Qu'on se moque de tout Et puis y a l'printemps qui s'offre aux amours Là-bas dans les champs, des milliers de baisers se donnent chaque jour Pas besoin d'argent ou alors si peu Ça suffit pour nous rendre heureux
Un p'tit peu d'argent suffira toujours On s'ra riches de tout notre amour
La discographie d'Henri Garat s'étend de 1929 jusqu'en 1942 si l'on tient compte de la non mention de son nom sur avec divers enregistrements de la Miss et quelques disques gravés à Bruxelles, en avril 1942, dont deux avec Lilian Harvey, dans une sorte de rappel de ses (leurs) anciens succès.En réalité, sous son nom, n'ont paru que des disques entre 1931 et 1936, la plupart tirées de ses films. On en compte une soixantaine.Les premiers enregistrements datent de 1931.
Cet air qui m'obsède jour et nuit, Cet air n'est pas né
d'aujourd'hui, Il vient d'aussi loin que je viens Traîné par cent mille
musiciens.
Un jour cet air me rendra folle, Cent fois j'ai voulu dire
pourquoi, Mais il m'a coupé la parole, Il parle toujours avant moi et sa
voix couvre ma voix
Padam...padam...padam... Il arrive en courant
derrière moi, Padam...padam...padam... Il me fait le coup du
souviens-toi.
Padam...padam...padam... C'est un air qui me montre du
doigt, Et je traîne après moi comme une drôle d'erreur Cet air qui sait
tout par coeur.
Il dit: "Rappelle-toi tes amours, Rappelle-toi puisque
c'est ton tour, 'y a pas d'raison pour qu'tu n'pleures pas Avec tes
souvenirs sur les bras..."
Et moi je revois ceux qui restent Mes vingt
ans font battre tambour, Je vois s'entrebattre des gestes, Toute la
comédie des amours Sur cet air qui va
toujours...
Padam...padam...padam... Des "je t'aime" de
quatorze-juillet Padam...padam...padam... Des "toujours" qu'on achète au
rabais Padam...padam...padam... Des "veux-tu" en voilà par paquets Et
tout ça pour tomber juste au coin d'la rue Sur l'air qui m'a reconnue
Écoutez le chahut qu'il me fait
Comme si tout mon passé défilait
Faut garder du chagrin pour après J'en ai tout un solfège sur cet air
qui bat... Qui bat comme un coeur de bois...
- 1 - J'ai des parents qui ne sont pas du tout assortis Papa est petit et très mal bâti Tandis que maman est grande, jolie et fait du sport Mon père avec ma mère a toujours tort Elle commande à chaque coup des robes de chez Patou Mais elle habille papa au "décrochez-moi ça". Refrain L'habit qui n'va pas c'est pour mon papa Les plus beaux vêtements c'est pour ma maman Le livreur c'est tout l' temps pour ma mère Les factures c'est tout l'temps pour mon père Les vieux pyjamas c'est pour mon papa Les dessous troublants c'est pour ma maman Ses chaussures sont coquettes mais les plus sales chaussettes Aux trous grands comme ça, c'est pour mon papa.
- 2 - C'est à maman qu'les gens font toujours de beaux cadeaux Papa, ce nigaud, ne reçoit qu'la peau Tous les ans, l'jour de sa fête, maman se fait offrir Des choses de prix qui font toujours plaisir Elle a des objets d'art, des sacs en peau d'lézard Mais papa chaque fois, faut voir ce qu'il reçoit.
Refrain 2 Le pot d'bégonias c'est pour mon papa Mais les gros diamants c'est pour ma maman Le plus beau c'est tout l'temps pour ma mère Le plus moche c'est tout l'temps pour mon père Le p'tit agenda c'est pour mon papa Les bonbons fondants c'est pour ma maman Elle invite tous les gens qui lui font des présents Mais les frais du r'pas c'est pour mon papa.
- 3 - Maman chaqu' matin fait sa p'tite ballade en auto Papa s'lève plus tôt et s'tape le métro Maman, au five o' clock boit l'thé avec ses amies Elle n' revient pas avant huit heures et demie Papa ne rouspète pas, c'est lui qui fait l'repas Il r'çoit les livraisons et balaie la maison.
Refrain 3 Faire les oeufs sur l'plat c'est pour mon papa Faire du boniment c'est pour ma maman Le tango c'est tout l'temps pour ma mère Le balai c'est tout l'temps pour mon père Faire la soupe au chat c'est pour mon papa S'payer de l'agrément c'est pour ma maman Quand elle flirte un peu trop avec les gigolos Faire pisser Mirza, c'est pour mon papa
On est heureux comme des poissons dans l'eau Sur le plancher des vaches On peut guincher dans tous les caboulots Sur le plancher des vaches Le vin, les femmes, on a tout ça Mais oui Madame sur c'plancher-là C'est presque un amiral le matelot Sur le plancher des vaches
Quand du poste de vigie On crie " terre " à bâbord Le marin là me ravit Il se croit déjà au port Il n'a plus qu'une pensée Tirer une bordée Il n'a plus que ses filets Joyeux il chante alors : {au Refrain, x1}
Les sans roulis et tangages Pour se remettre à flot Du sous-marin l'équipage Fait escale au bistrot Ils trinquent la nuit entière Si bien que, peuchère ! Malgré qu'ils soient sur la terre Ils sont encore sous l'eau !
Non, rien de rien Non, je ne regrette rien Ni le bien qu'on
m'a fait, ni le mal Tout ça m'est bien égal Non, rien de rien Non, je
ne regrette rien C'est payé, balayé, oublié Je me fous du
passé
Avec mes souvenirs J'ai allumé le feu Mes chagrins, mes
plaisirs Je n'ai plus besoin d'eux Balayés mes amours Avec leurs
trémolos Balayés pour toujours Je repars à zéro
Non, rien de
rien Non, je ne regrette rien Ni le bien qu'on m'a fait, ni le mal Tout
ça m'est bien égal Non, rien de rien Non, je ne regrette rien Car ma
vie Car mes joies Aujourd'hui Ça commence avec toi... --
Depuis le moment Où je t'ai connue Hélas follement Je n'ai pas cessé De penser à toi Comme un insensé
Refrain :
Ramona, j'ai fait un rêve merveilleux Ramona, nous étions partis tous les deux Nous allions lentement Loin de tous les regards jaloux Et jamais deux amants N'avaient connu de soir plus doux Ramona, je pouvais alors me griser De tes yeux, de ton parfum, de tes baisers Et je donnerais tout pour revivre un jour Ramona, ce rêve d'amour
Mais ce doux roman N'était seulement qu'un rêve d'amant Par ta cruauté Tout autre a été La réalité
Passant en Haut Val de Sèvre, à Niort, peu après la guerre, Georgius eut peut-être été surpris de voir, derrière la fenêtre d'un commerce ambulant de frites, un bonhomme qui lui aurait dit «Bonjour toi, comment vas-tu ?» [1] et dans lequel il eut peut-être reconnu Fred, Fred Gouin qu'il a certes dû croiser à plusieurs reprises au début des années trente, Fred Gouin dont il connaissait l'amie, Berthe Sylva, Fred Gouin qui, en moins de cinq ans a enregistré les trois-quarts du répertoire français, du «Temps des cerises» à «Ramona» en passant par «Bonsoir Madame la lune», «La chanson des blés d'or» et même «La fille du bédouin» : 370 enregistrements, plus d'un million six cent mille disques vendus... - Car ce Fred Gouin en avait fait du chemin...
Il est né le 26 avril 1889 et fut nommé, du nom de son père, Hyppolyte, mais aussi Eugène Frédéric Gouin, l'année où Paulus triomphait avec son «Père la Victoire».
En 1910 - il a vingt-et-un an - la légende veut qu'il ait été chanteur de rue et revendeur de petits formats. On ne sait au juste ce qu'il fit jusqu'en 1918. - Peut-être a-t-il été soldat ? -. Ce que l'on sait, c'est qu'on le «découvre» cette année-là, c'est-à-dire qu'il commence peu à peu à gagner sa vie en chantant dans les cabarets et, sans doute, en huitième place dans les cafés-concerts de l'époque. - On le connaît sous le nom de Villard mais pas longtemps : dès 1924 ou 1925, il est redevenu Frédéric Gouin ou plutôt «Fred» Gouin que la firme Odéon n'hésite pas à endisquer.
Petit à petit, grâce à une voix particulière et une diction sans faille, il se fait un nom. C'est le temps de «L'heure exquise» de «La veuve joyeuse» de Franz Léhar mais aussi de «La fille du Bédouin» de Moretti que Georges Milton rendra si populaire. Pas du tout dans le même genre, évidemment, mais, cette année-là, Fred chante tout ce qui lui tombe sur la main :
Mary Lou (Lyman, Wagner, Russel) - avec les «Odeon Syncopators» (sic)
Le petit chapeau (R. Demaret)
Charmaine (Rapee, Pollack)
Elle a perdu son pantalon (E. Faoli)
...
Puis, en mai 1928, il s'essaye avec une vielle, et, pour l'époque, une très vieille chanson, «Le temps des cerises» de Renard et Clément. Le succès est foudroyant.- On parle de 400.000 copies : du presque inconnu. - Une grande mais une très grande interprétation. - Fred est alors lancé.
Suivront : «La chanson des blés d'or» (Doria, Soubise et Lemaître), «Le mouchoir rouge de Cholet» (Botrel), «La chanson des heures» (Xavier Privas), «Le vieux mendiant» (Paul Delmet et H. Bernard), «C'est ce soir ou jamais» Cazès, Auberty), «L'âme des roses» (René de Buxeuil) et sa chanson sans doute la plus connue, «Ramona» de L. Wolfe Gilbert traduite et adaptée en français par Saint-Granier, Jean Le Soyeux et Albert Willemetz pourtant créée par Saint-Granier.
Le répertoire ne s'arrêta pas là car il chanta également «Le vin de chez nous» (Zimmerman et Groffe), «Ohé ! Pêcheurs» (des mêmes), «O Mexico» (Jacquet et Vallier), «Pi... Ouit !» (Hérold), la chanson du Carnaval de Nice de 1931, «Tout autour du Vel'd'Hiv» ou le refrain des six-jours (Gailhard et Rodor) et même «Les soquettes à Miquette» (Léojac et Alberty).
Il continuera comme ça jusqu'en 1935.
La voix est celle d'un chanteur d'opérette mélangée avec celle d'un chanteur de charme. Plaît-elle ? Assurément. En fouillant un peu partout, on retrouve Fred Gouin dans les programmes des plus grands Music-Halls du temps mais Fred n'est pas ce qu'on pourrait appeler un économe-né. Il est plutôt bohême et préfère aux grandes salles les bistrots et guinguettes dans lesquels il chante, qu'il fréquente, qu'il ouvre même... et qu'il ferme aux bords de la Marne ou de l'Oise (Jouy-le-Moutier) et puis il tombe également amoureux d'une certaine Berthe Sylva avec qui il a déjà enregistré quelques duos. De 1935 à 1939, succédant à Darcelys, il devient son amant, elle qui adore fêter, manger, boire. - Et lui, donc !
En 1939, le couple se réfugient à Marseille où, à cause de la guerre, les engagements sont plutôt rares. - Raison de plus pour dépenser. - Et puis Berthe tombe malade. Très malade. Tellement malade qu'elle meurt en 1941 laissant Fred désemparé.
L'autre légende de sa vie veut qu'il ait jeté sur sa tombe une immense gerbe de roses blanches, du titre de la chanson fétiche de son amie, pour ensuite s'en aller, seul.
Et de cette date, jusqu'aux recherches effectuées par Christian Plume en 1980, personne n'a su ce qui lui était arrivé.
Ce qui lui était arrivé, c'était d'être remonté vers Niort où, jusqu'à sa mort survenue le 18 février 1959 (certains citent 1957 mais c'est 1959), il s'était recyclé en revendeur de frites...
Ces quelques pages pour partager des chansons anciennes en tous genres qui ont fait la joie et le bonheur des anciennes générations.
Je souhaite particulièrement faire connaître et partager des chansons aujourd'hui disparu.
Bonne visite, et au plaisir de lire vos commentaires.